« Ces derniers mois, le monde a été bouleversé et uni pour lutter contre la propagation du Covid-19. S’il est indéniable que le rôle de parent s’est grandement complexifié et intensifié au cours du confinement, on a vu apparaît aussi un discours pro-nataliste durant cette même période, parfois banalisant l’impact de cette crise sur les sans enfant: «…Le confinement doit être facile à vivre pour toi, tu n’as pas d’ enfants…». En fait, peu de gens se sont intéressés au vécu des gens sans enfant à travers cette pandémie. »
La « World Childless Week » propose donc aujourd’hui aux femmes sans enfant de témoigner sur le sujet :
Mon témoignage du jour, est fidèle à ma philosophie de vie optimiste, à mes modes de fonctionnement multipotentiels et me semble également être le reflet du chemin de deuil parcouru ces dernières années.
Comme en témoigne, l’article “des mots qui blessent” que j’ai publié l’an dernier, les propos maladroits, irréfléchis ou délibérément blessant ne manquent pas quand on fait le deuil de la maternité.
Si la charge émotionnelle liée à la pandémie a été intense. J’ai d’ailleurs décrit dans un article le choc culturel que j’ai eu l’impression de vivre pendant le confinement. J’ai le ressenti d’avoir plutôt bien vécu cette période sans me sentir par exemple, blessée par des propos pro-natalistes. Cela n’a pas été le cas, de certaines femmes sans enfant de ma connaissance. Je partagerais donc dans cet article, mon vécu et ce qu’elles ont voulu me partager.
Travailleur indépendant, je suis habituée à travailler seule de la maison et a organiser mes journées sans pression d’un employeur. La seule pression que j’aurais pu ressentir au niveau professionnel, aurait pu être celle que j’aurais exercé sur moi-même face à la perte de mon chiffre d’affaires. Hors, j’ai choisi dès le départ, de lâcher prise là dessus en prenant cette période comme un objet d’exploration, une opportunité. J’ai rapidement laissé de côté les médias anxiogènes. J’ai décidé de prendre soin de moi et de partager des ressources positives et inspirantes pour aider les autres à entretenir des pensées positives. Parmi ces ressources, figuraient d’ailleurs de nombreuses propositions à destination des parents (jeux, activités en familles, webinaires etc…).
En échangeant avec des mères parfois débordées et fatiguées, qui n’ont jamais comparé leur situation de vie à la mienne, il m’est même arrivé de me sentir heureuse de ne pas avoir a m’occuper d’enfants du matin au soir. J’ose même dire que j’ai savouré avec plaisir certaines des conséquences positives à ne pas avoir d’enfant.
Les retours que j’ai pu avoir de certaines femmes sans enfants sont très différents.
Parmi les célibataires, la période a souvent renforcé le sentiment de solitude. Elles ne m’ont pas rapporté avoir eu une pression supplémentaire de la part de leur employeur en raison de leur non maternité. Par contre, certaines m’ont dit s’être encore davantage investies dans leur travail pour être occupées et ressentir moins de solitude.
L’impression d’une surreprésentation des difficultés rencontrées par les familles dans les médias a également été évoquée. Provoquant chez certaines de la tristesse, de l’incompréhension ou de la colère en voyant le ras le bol de certains parents ou en entendant des préjugés sur la facilité de vivre le confinement sans enfant.
On a beaucoup entendu parler de la pression sociale encourageant à « rentabiliser » le confinement. Plusieurs femmes m’ont témoigné s’être senties presque coupables de prendre simplement du temps pour elles sans objectif particulier. Elles avaient l’impression que puisqu’elles n’avaient pas d’enfant chez elle, elles devaient absolument faire quelque chose de « constructif » du temps dont elles disposaient. Cette impression se voyait parfois renforcée par les réflexions de mères fatiguées leur disant « à quel point elles avaient de la chance d’avoir du temps pour elles ». Le proverbe ne dit il pas que l’herbe est toujours plus verte dans le champ du voisin !
Et vous qu’avez vous ressenti ?






