Il est un sujet qui me tient particulièrement à coeur et sur lequel je ne m’étais encore jamais ouvertement exprimée. Cette semaine se déroule la « world childless week », la semaine des personnes sans enfant. Chaque jour ayant un thème différent, des femmes mais également des hommes témoigneront de leur ressenti, de leur vie, de leur histoire. Le nombre de femmes atteignant l’âge de 45 ans sans avoir d’enfant est en constante évolution dans les pays… occidentaux. Les préjugés et les incompréhensions sont encore nombreux pour celles qui comme moi, n’ont pas d’enfant par circonstances. Faire le deuil, accepter, construire une vie épanouissante et sereine est un chemin unique pour chacune.
Parce que je convaincue que la parole doit être libérée sur ce sujet, j’ai choisi au cours de cette semaine de vous partager mon témoignage de femme sans enfant.
Commençons par mon histoire…
Je me suis toujours imaginée avec un enfant, sans pour autant émettre le voeux explicite d’être mère.
Je suis en couple pendant ma vingtaine et une partie de ma trentaine. Aucune des relations que j’ai ne me semble propice à la venue d’un enfant car aucune ne me rend réellement heureuse. Je privilégie ma carrière et mes passions en me disant qu’un jour, je rencontrerais celui avec lequel je fonderais une famille. Ma mère m’ayant eu à presque 40 ans tout comme sa mère avant elle, je ne vois aucune urgence et reste confiante en ma future maternité. Célibataire à 35 ans, j’ai envisage de faire congeler mes ovules dans un pays étranger pour pouvoir me faire inséminer plus tard, si la rencontre tant attendue ne se fait pas. Mon coeur est en désaccord avec cette option. Un enfant oui, mais pas toute seule.
Quand je rencontre celui qui va devenir mon mari, j’ai 38 ans. Au bout de quelques mois de bonheur, il m’apprends qu’il ne pense pas vouloir un nouvel enfant. Déjà père d’une fille maintenant adulte, il ne se voit pas recommencer. Je suis étonnée et contrairement à ce que j’aurais pu imaginer, les choses sont claires. J’aime cette homme et notre relation, et j’ai envie de la poursuivre pour voir où elle va me mener. Le besoin d’enfant n’est pas vraiment présent. Je lui en fait part et nous convenons que si ce besoin émerge à l’avenir, nous en parlerons ensemble et réexamineront la situation.
C’est ce que nous faisons quelques années plus tard. J’ai alors 42 ans. On m’a annoncé quelques mois auparavant que je suis en ménopause précoce. Le choc a été rude. Avec l’aide d’une gynécologue, je retrouve des cycles naturels et réguliers mais je sais que cela ne durera pas. Mon mari est terrifié et moi ambivalente. L’épisode m’a montré que le désir d’enfant est réellement là. Commence un chemin difficile, fait de colère, de pardon, de tristesse, de souffrance, de deuil, d’amour et de construction. Trois ans plus tard, je n’ai pas d’enfant. J’ai refusé de m’engager seule à l’étranger dans un parcours de FIV long, douloureux et couteux. Je suis maintenant en péri ménopause et s’il m’est toujours possible physiologiquement d’avoir naturellement un enfant, ça ne sera vraisemblablement jamais le cas.
Après plusieurs années à voir mes amies, devenir mère, je suis entourée d’adorables petits bouts tous plus craquants les uns que les autres, que je gâte tant que je peux. Il m’est maintenant possible, de ne plus avoir envie de pleurer en voyant une femme enceinte ou une mère et son bébé dans la rue. Ce deuil et cette souffrance feront partie de moi, toute ma vie dans un coin de mon coeur et il y aura encore des moments plus difficiles que d’autres.
Je puise une force dans ce que je vis et j’ai l’impression depuis quelques temps de naître une nouvelle fois réellement à moi même. L’épanouissement peut prendre de nombreuses formes. Chaque nouveau projet et chaque facette que j’explore m’amène plus loin.









